L’exil ou le retour à soi?

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Hein, tu boudes un grand garçon comme toi?!! C’est bébé lala ça!!

Un homme m’a raconté un jour en riant, qu’après avoir essuyé un refus au téléphone, il s’était mis à bouder. Les yeux ronds comme des boutons, le p’tit bonhomme de 5 ans qu’il gardait lui avait alors asséné ces mots comme le coup de baguette d’un maître zen.

Bouder, c’est peut-être bébé lala, mais mon doux que ça peut gâcher une soirée, une relation, un projet ou une vie !

Des participants aux improrelations m’ont demandé:

c’est quoi la différence entre bouder et mettre ses limites? 

– Bouder, c’est se fermer, s’éteindre, se mettre en quarantaine pour exercer un contrôle sur l’entourage.

C’est l’exil de soi, des autres et de ses ressources naturelles: sa vitalité, sa créativité, ses besoins, son cœur, ses élans…

Comme une source qui arrêterait de couler pour donner une leçon à ceux qui y jettent des déchets : tiens toi, je vais devenir stagnante et encore plus polluée et tu ne pourras plus boire de mon eau!

– Mettre ses limites, c’est dire non à ce qui nous empêche d’être à notre meilleur: présents, allumés, aimants, ouverts…

– Bouder c’est rester dans ce qu’on connaît et contrôle.

– Mettre ses limites c’est aller dans l’inconnu pour libérer ce qu’on est d’unique.

– Quand on boude, on se sent seuls, bloqués, vides.

– Quand on met ses limites, même si ce n’est pas facile, on respire, on se sent connectés  et la vie circule librement en nous.

J’ai moi-même été tentée de bouder dernièrement.

Des amis ayant ignoré un besoin que j’ai exprimé plusieurs fois, une voix, qui avait l’air pleine de bon sens, m’a lancé: ben là, t’es pas pour leur exprimer encore une fois ce que tu vis! Surtout que tu vas avoir l’air aussi désirée et désirable qu’une crotte de nez! (Elle a des images assez convaincantes, merci!)

Ahhh! J’avais oublié comment ça peut être tentant de bouder mais, par chance, j’ai tout de suite senti les effets sur moi de cette voix. Genre « coincée dans un village déserté par une journée grise et froide ».

Je me suis demandé: veux-tu te brimer et t’enfermer en réaction contre ce qui se passe ou t’ouvrir encore plus à ce que tu vis et ce que tu veux vivre, quitte à déplaire ou à perdre ?

Me couper de moi et de mes ressources intérieures alors que l’extérieur n’est pas là pour moi, non merci!

J’ai vérifié tellement de fois qu’il y a une possibilité amoureuse et créatrice cachée dans chaque conflit, que j’ai opté  pour l’ouverture et le plongeon dans l’inconnu même si j’avais peur de faire des vagues.

Hop là, j’ai pris mon courage à deux mains pour dire ce que je vivais et mettre une limite : je ne me sens pas bien de revenir là-dessus et je n’ai plus le goût d’avoir à exprimer ce besoin encore une fois!

Ce faisant, j’ai musclé mon courage d’aimer : m’accepter où je suis, comme je suis, avec mes vulnérabilités et mes forces, et aimer assez mes amis pour rester ouverte à eux et m’arranger pour ne pas leur en vouloir.

J’ai aussi exercé mon courage de créer : aller dans l’inconnu et traverser l’inconfort de me révéler, sans savoir si ça va être reçu, dans l’intention de laisser émerger du bon, du beau et du nouveau dans ma vie et si possible, dans celle des autres.

Impossible d’être pleinement soi en jouant « safe » et en cherchant à plaire à tout le monde!

Impossible d’être créateur et de découvrir du neuf sans faire un saut dans l’inconnu !

La bonne nouvelle c’est que le courage grandit avec l’usage. L’autre bonne nouvelle : j’ai reçu avec cœur ce dont j’avais besoin sans me sentir crotte de nez, au contraire.

Vous le savez, ça ne répond pas toujours comme on veut dehors. Nos proches peuvent réagir tout croche parce que nos limites les incitent à se révéler et à se dépasser à leur tour et ce n’est pas toujours facile.

C’est tentant de se servir de leurs réactions pour se refermer, se couper et se donner raison de le faire! Mais, comme je le disais dernièrement à mes participants :

ne vous faites pas ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse!

Prenez plutôt ces réactions comme des invitations à vous ouvrir encore plus à ce qui cherche à émerger de beau, de bon, d’unique et de nouveau pour vous et à travers vous!

Vous pourrez continuer de jouir de vos ressources naturelles et couler de source…

 

La pratique

Chaque fois que vous êtes tentés de vous fermer et de vous couper, demandez-vous avec bienveillance et curiosité:

Qu’est-ce que j’ai besoin de laisser émerger et s’exprimer pour ne pas en vouloir à cette personne ou cette situation, et rester ouvert(e) à ce que je vis et désire?

Et, quand vous tournez en rond, posez-vous cette question : est-ce que je suis en train de bouder pour réagir contre ce que je rencontre ou de m’ouvrir à ce que je vis pour aller dans le sens de ce qui me tient à cœur?

Puis, faites vos choix!

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 réflexions sur “L’exil ou le retour à soi?

  1. Pierre Lescarbeau

    Oh que ca tombe à point ton blogue Denise… Dans mon cas je boude parce que je dit vouloir arriver enfin… Et la il y en a un qui n’est pas content.

    Qu’est-ce que j’ai beson de laisser émerger? Que ca fait pas mon affaire de le recevoir quand c’est pas moi qui a décidé ou, quand et comment ca devrait arriver…

    Mon choix? Ouvrir à ce que je reçois de bon et de beau de l’autre même si c’est pas comme je voulais le recevoir…

    Ca fait du bien ton message Denise.

    Pierre xxx

  2. Denise Noël

    Tant mieux Pierre, je suis contente que ça tombe à point pour t’ouvrir à recevoir ce qui est là!
    J’ai remarqué que quand les choses ne se passent pas comme on veut, ce n’est pas une punition ou une invalidation de soi ou ce que qu’on désire, mais plutôt une invitation à intégrer la qualité d’être qui va nous permettre de le recevoir et d’en jouir quand ça va arriver.
    Denise xx

  3. nath

    Je ne me rendais pas tout à fait compte mais depuis hier j’étais en train de me déguiser en boudeuse et élaborer des stratégies toutes plus punitives les unes que les autres pour me sortir d’une frustration, d’une jalousie, d’un malaise éveillé par la confidence d’un ami. Ton billet me met un gros miroir en pleine face et je n’aime pas ce que je vois! Une baboune stérile qui ne fitte pas avec le printemps merveilleux, les bourgeons audacieux et le soleil radieux!
    « Je n’aime pas vivre l’effet sur moi de ce que tu me confies, je me sens petite, rejetée et impuissante, alors je vais te bouder et tu seras privé de mon meilleur et je vais me sentir plus forte que toi, lalalilalère!  » Pas fort… Merci Denise de mettre du sens dans ce que je vis, des outils dans ma besace pour bifurquer au plus vite (en me posant les questions que tu proposes j’ai tout de suite touché ma peine et ça m’a rebranché à moi et fait changer de baboune)!
    Bon printemps, vive les cerisiers en fleurs et surtout, merci Denise!

    • Denise Noël

      Oui Nath, on boude souvent quand on se sent impuissants à contrôler les autres ou la vie. Quand on débaboune et s’ouvre à nouveau ça nous ramène à la maison où on peut embrasser ce qu’on ressent et ce dont on a besoin pour être plus proche de son coeur et ce qui nous tient à cour.
      Passe une belle journée, bourgeonnante au lieu de babounante!
      Denise

  4. Marie-Paule

    Merci Denise. Ton message est tellement plein de bon et de bon sens! Ça fait du bien ce que tu écris.
    Quand on boude, on devient responsable de son propre isolement quoi que les autres fassent.
    C’est doux cette possibilité aussi de s’exercer à rester ouverts, pour recevoir éventuellement ce qui nous manque et dont on a besoin. Merci Denise!! Bon printemps en fleurs!

    • Denise Noël

      Oui, c’est vrai Marie-Paule que c’est doux et c’est plein d’espoir cette possibilité de rester ouvert(e)s, comme des fleurs au printemps!
      Denise

  5. Gian

    Et, quand vous tournez en rond, posez-vous cette question : est-ce que je suis en train de bouder pour réagir contre ce que je rencontre ou de m’ouvrir à ce que je vis pour aller dans le sens de ce qui me tient à cœur?
    Denise, cette question me touche profondément. Merci pour ton blogue ce matin. Je le reçoit droit au coeur!!!
    Gianxx

  6. Rose

    oh merci Denise,
    je te lis et je me rends compte que quand je boude c’est que je veux punir l’autre de me faire sentir mal! je veux qu’il se sente mal, et mon ressentiment peu à peu se transforme en poison paralysant m’enfermant comme tu dis, « dans un village triste par une journée froide et grise… » yark.. ça ne mène nulle part et c’est toxique! j’aime ta proposition de regarder ce qui veut émerger, ce qui a besoin d’être accueilli pour pouvoir s’ouvrir et faire du beau et du bon avec ça! c’est une grande bolée d’air doux et chaud dans la froidure!
    merci à toi! xxx

    • Denise Noël

      Bienvenue! Oui le ressentiment, même si c’est humain d’en ressentir, n’est pas bon pour personne quand on reste pris dedans.
      Alors que s’ouvrir c’est une grande bolée d’air doux comme tu le décris si bien.
      Denise xx

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