Recettes juteuses de bonheur et de malheur

Recettes juteuses de bonheur et de malheur

Ce billet est plus long que les autres, car vous aurez tout l’été pour le lire.

Eh oui, je prends congé de ce blogue pour avoir le temps de m’aérer les méninges, batifoler dans les prés verts, me mettre le nez dans les fleurs, muscler mes fesses ramollies, chanter à gorge déployée, lire tranquillement, écrire autre chose ou simplement flâner.

Et bien sûr, continuer à rencontrer les gens qui en ont besoin, sauf pendant mes vacances en juillet.

Je reviendrai donc à l’écriture de ce blogue à la fin août.

Comme les vacances s’en viennent, voici d’abord une recette pour savourer vos bons moments en paix et dénouer vos conflits avant qu’ils se transforment en nœuds de vipères.

Bien sûr, elle trop simple pour nos grands esprits entichés de complications et de récriminations, mais que voulez-vous elle donne de bons résultats !

1) Vérifiez vos intentions.

Elles sont le « Sésame ouvre-toi » de vos cœurs, la baguette magique qui transforme les obstacles en bienheureuses possibilités, le bâton de sourcier pour retrouver votre filon quand vous êtes perdus.

Voici les questions magiques à vous poser quand la sauce se gâche :

« Quelle est mon intention ? Est-ce que je veux être bien ou rendre l’autre mal ? Est-ce que je désire simplement exprimer ce que je vis ou bien prouver que j’ai raison, blâmer, punir ou culpabiliser l’autre? »

Autrement dit, Qui en moi interagit ou s’exprime ou ici et Pourquoi ?

2) Dites « oui et » à ce que vous sentez, souhaitez, vivez.

Même si ce ne vous paraît pas assez raisonnable, convenable, évolué, fort, brillant, alléchant ou pomponné pour voir le jour.

Le « oui » représente l’attitude d’ouverture, de curiosité et de bienveillance face à  tout ce qui se passe pour vous, alors que le « et » évoque l’intention d’y découvrir du bon du beau et du nouveau.

Pour vous aider, rappelez-vous que tout ce qu’on vit est parfait pour aimer et créer et que, comme des enfants, nos états intérieurs retrouvent leur naturel heureux dès qu’ils sont embrassés avec cœur.

Alors, si vous êtes fâchés eh bien vous l’êtes, si vous avez besoin d’un peu de temps seul, alors c’est votre vérité du moment, si vous êtes triste pendant une fête, c’est ça qui est ça, si vous avez peur, vous avez peur, c’est tout. Capice ?

3) Assumez et exprimez avec coeur vos sentiments, besoins, limites, élans, inspirations.

Faites-le dans le but d’être pleinement vivants, présents et ouverts, tout en sachant que les autres sont libres de les recevoir comme vous aimeriez… ou non.

Je sais ce n’est pas évident et ça peut être brassant, exigeant, mais c’est tellement libérateur ! Comme votre expression, votre valeur et votre expérience ne sont plus à la remorque ou à la merci des réactions de l’autre, vos interactions deviennent beaucoup plus vivantes, transformatrices, créatrices et amoureuses!

Faites régulièrement la pratique de l’acceptamour ça va vous aider : vous aurez une belle réserve de sentiments amoureux en dedans pour quand ça ne répond pas à votre goût dehors.

4) Prenez le temps de reconnaître ce qui vous arrive de bon.

Une marque d’amour, un beau moment, une sensation agréable, un contact simple et chaleureux, une inspiration heureuse…

Arrêtez-vous un peu chaque jour pour célébrer ces p’tits bonheurs, quitte à les écrire, les chanter, les danser ou les fêter en offrant des chandelles d’anniversaire à ceux qui y ont participé et laissez-vous ressentir l’effet bienfaisant qu’ils ont sur vous.

5) Donnez à l’autre l’attention, l’écoute, la transparence, la reconnaissance, le soutien et l’amour que vous désirez recevoir.

Si vous le faites avec joie, vous serez surpris de réaliser que vous vous retrouvez vous-même dans un bain d’amour et de bien-être.

On a besoin les uns des autres pour libérer le meilleur de soi, vous vous rappelez ?

6) Et surtout, surtout, faites quotidiennement des choses folichonnes, rigolotes, inattendues, gratuites, bébés et cucu.

Jouer, rire, badiner, bouffonner, c’est vital pour réjouir nos cœurs d’enfants, nourrir nos âmes, éveiller nos élans créateurs et découvrir des avenues inespérées dans ce qu’on vit.

Si cette belle recette ne fait pas lever votre joie, c’est sans doute que vous n’arrivez pas à dire « oui » et à ce qui vous habite.

De deux choses l’une : ou vous avez besoin d’aide pour découvrir et embrasser ce que vous vivez ou un « ne pas » est tapi dans un coin.

Si vous avez besoin d’aide, courez en chercher !

Si vous êtes coincé dans un « ne pas » (un genre de bouderie sophistiquée pour adultes non consentants) rappelez-vous que ça vous coûte cher et que vous devez faire toutes sortes de contorsions pour obliger votre entourage à participer à ces jeux tarabiscotés d’où personne ne sort gagnant.

Voici donc quelques recettes de malheur concoctées par des « ne pas ». J’espère qu’elles vous aideront à les sortir de leur cachette en vous faisant sourire. Elles sont tirées de Bungee, Vibrato et Tango.

Si vous désirez culpabiliser votre tendre moitié et lui gâcher son trop grand plaisir, vous devez prendre soin de rester mal : condition essentielle pour rafler le rôle de victime et lui donner celui de bourreau.

Pour épaissir la sauce de votre malheur et propager la mauvaise nouvelle, rien de mieux que de vous payer une petite séance de lamentations avec effets spéciaux. Prenez donc un air de mayonnaise qui a mal tournée et ponctuez vos conversations de soupirs à fendre l’âme et de phrases telles que ‘laisse faire, c’est pas grave’ ou ‘on sait ben, c’est rien qu’à moi que ça arrive des choses comme ça’.

Si vous optez pour un style plus agressif de culpabilisation, distillez en doses massives votre ressentiment dans l’atmosphère en adoptant la posture, les narines fumantes et l’œil torve d’un taureau sur le point de charger, sans toutefois passer à l’action.

Observez comment votre énergie se décharge et dépérit.

Si vous voulez obliger vos proches à faire les choses à votre place parce c’est leur faute si votre vie est gâchée, rien de mieux que de vous peinturer dans le coin. Empressez-vous de perdre tous vos moyens pour ensuite les supplier de vous sortir de là, en prenant les précautions nécessaires pour que tout échoue.

Bloquez toutes les entrées et les sorties et parsemez vos phrases de ‘ça ne marchera jamais, je ne peux pas parce que…’

Pour donner le change, n’oubliez pas de faire semblant de vous agripper avec beaucoup d’efforts à votre sauveur avec l’air d’un homard sur le point d’être plongé dans l’eau bouillante.

Observez comment tout se fige dans votre corps.

Si vous prenez un malin plaisir à faire le contraire de ce que vous aimeriez pour punir ceux qui vous ont obligés à vous plier à leurs quatre volontés quand vous étiez jeunes, vous devez vous assurer de ne jamais savoir ce que vous voulez et de ne jamais l’avoir.

Exaspérez vos proches avec votre ambivalence jusqu’à ce que, n’y tenant plus, ils vous suggèrent quelque chose. Puis, résistez de toutes vos forces à leur proposition, même – et surtout ! – si elle correspond à ce que vous voulez.

Pour ajouter un peu de piquant à la sauce et vous enfermer un peu plus profondément dans votre confusion, accusez-les de vouloir vous contrôler.

Si par malchance un semblant de solution semble se pointer, dépêchez-vous de dénicher toutes sortes de raisons pour en justifier l’inefficacité.

Assaisonnez vos dires de ‘tu ne comprends pas ou je ne sais pas si ça va marcher parce que…’ en prenant des allures d’huître qu’on veut ouvrir de force.

Observez comment votre corps réagit à cette guérilla.

Si vous optez pour l’insatisfaction chronique dans le but d’invalider votre entourage et les faire pédaler dans la choucroute, il faut vous concentrer sur leurs failles et éviter comme la peste tout ce qui est susceptible de vous combler.

Si, par malheur, vous avez des amis qui désirent faire votre bonheur, commencez par bitcher constamment sur leur manière de le faire et pointez du doigt la première imperfection qui vous tombe sous la main pour ainsi leur enlever l’envie de récidiver.

Gardez en bouche votre envie de chialer pendant un moment, question de lui donner un p’tit goût amer, puis recrachez-le sur votre entourage à la première occasion au lieu de vous ouvrir à ce qu’on vous offre.

Si, par malheur, un tel ou une telle parvient malgré tout à vous donner ce dont vous avez besoin et que vous n’avez pas eu le temps d’y détecter un défaut de fabrication, n’hésitez pas à douter de ses intentions ou alors trouvez-vous au plus sacrant une autre insatisfaction accompagnée de quelques reproches cuits à point. Multipliez les ‘oui mais’ pour leur faire sentir que ce n’est pas assez pour faire votre bonheur.

Sentez la frustration qui percole constamment en vous.

Pour terminer, je vous recommande chaudement quelques pratiques pour vous la couler douce cet été (ce qui ne vous empêche pas d’en faire d’autres bien sûr).

Faites encore et encore celle de l’acceptamour.

Répétez souvent d’une voix tendre: ceci est parfait pour aimer et créer.

Pour vous ouvrir et découvrir du nouveau, posez-vous des questions créacoeur comme : qu’est-ce que j’ai besoin d’embrasser en moi pour que cette situation me rapproche de ce qui me tient à cœur ?

Écoutez fréquemment la sagesse de vos orteils en vous posant les questions que je vous ai données dans le billet de février pour la relâche.

Pratiquez-vous au lancer du papier-mouchoir (le drapeau blanc des temps modernes) !

En plein milieu d’une obstination ou d’une bataille, attrapez un Kleenex et laissez-le tomber doucement par terre en criant « Vive l’échec libre du Québec ». Vous gagnerez la médaille de la paix, de l’humour et de l’amour !

Et n’oubliez pas d’offrir des chandelles d’anniversaire à ceux qui vous font du bien, ceux qui vous réjouissent, vous inspirent, vous font rire, vous donnent du courage, vous soutiennent, vous écoutent et vous aiment.

Passez un merveilleux été en présence de ceux que vous aimez, en dansant et chantant comme la cigale de La Fontaine !

Je vous reviens à la fin du mois d’août.

En attendant, vous pouvez relire les anciens billets pour y découvrir tout ce qui vous a échappé à la première lecture et mieux les digérer.

Vous pouvez aussi lire ou relire Bungee, Vibrato et Tango et Le Cœur Créateur.

Vous trouverez Bungee chez Biosfaire, sur mon site ou chez-moi et Le Cœur Créateur, chez Renaud-Bray, Biosfaire ou sur mon site aussi.

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6 réflexions sur “Recettes juteuses de bonheur et de malheur

  1. Christiane

    Bonjour chère Denise,
    Merci pour tout ce rappel de recettes. Je les mets promptement dans ma boîte à outils!
    Je tiens à te souhaiter de très belles vacances reposantes et inspirantes pour faire le plein.

    J’aime ces blogs. Je me sens moins seule.
    Et j’apprécie tes commentaires. C’est comme si tu étais omniprésente.

    Un petit suivi sur le conte pour adultes de la semaine passée.
    Mon amoureux a trouvé pourquoi il boudait…C’est pas croyable, il ne le savais pas lui-même.(Après 4 jours, ça fait long;-)) Je l’ai trouvé honnête de me le dire!
    Et j’étais disponible pour l’écouter, probablement parce que j’avais pris le temps…pour moi.
    Au bout de 5 minutes, tout est revenu comme avant!
    5 MINUTES…!!!
    Comme si rien de spécial ne s’était passé!!!
    YOUPI! On va pouvoir passer à quelque chose d’intéressant!

    Mais quelle perte de temps…c’est cela que j’ai le plus de difficulté à accepter!

    Màlia, ma nouvelle amie me permet de m’offrir ces moments de folies dont tu parles Denise.(mon chien Mira).
    Merci la vie, Merci Denise!
    XX
    Bonnes vacances à chacun de vous!

  2. Kali

    oups… je n’avais pas fini… le message est parti tout seul!

    Merci Denise pour ta générosité.
    Tout y est dans ce dernier billet… vraiment, tu as ramassé avec génie les petites grandes failles de nos psychés! Je vais l’imprimer ce billet, le lire et le relire… et le faire lire aux autres (évidemment, ce ne sera pas pour leur prouver que j’ai raison hi! hi!).

    Merci Christiane pour la suite de ta saga; je suis ravie que ça se termine bien! Eh! ben oui, tu m’inspires à prendre soin de moi à un moment ou mon chum est trop stressé et occupé pour être présent et disponible. Et aussi à un moment ou sa fille qui vit temporairement avec nous appuie sur certains de mes boutons avec persistance. La stratégie de mon chum c’est de ne rien dire et d’attendre que ça passe en me disant que de toute façon elle partira sous peu. En attendant, la moutarde me monte au nez, je suis en crisse, je me bloque, je me sens mal et ça empêche le flot de circuler entre nous trois.

    Sortez maintenant tambours et trompettes…. Tatam… À partir d’aujourd’hui, je vais suivre mon coeur… et mettre en oeuvre la stratégie denisienne – que j’inculque de mieux en mieux – qui est de donner à l’autre ma vraie présence… et donc de dire, d’exprimer mes inconforts, mes frustrations… et mon amour. J’ai vérifié mes intentions… elles sont ben belles, ben bonnes: je souhaite que pendant les quelques semaines qui reste à Mam’zelle (que j’aime bien soit dit en passant) à vivre avec nous, que la joie circule entre nous, que l’amour se partage de 1001 petits gestes. Je sais aussi que je cours un (grand) risque parce que Mam’zelle est particulièrement susceptible et blessée et « elle risque de se braquer » (dixit mon chum). Or, je préfère prendre ce risque que de rester dans le statu quoi inconfortable et frustrant. Mon objectif final étant qu’à son départ, je préfèrerais verser une larme de tristesse de la voir partir plutôt que de m’écrier: « finalement, elle décrisse ».

    Merci Denise, merci Christiane, merci la vie!
    XXX

  3. Dominique

    Merci Denise pour ce billet, moi aussi je vais l’imprimer pour le lire et le relire….et penser à célébrer tous ces petits bonheurs, c’est vrai je ne le fais pas assez !
    Bonnes vacances
    Dominique

  4. Partageons ces enseignements avec nos enfants le plus tôt possible, C’est l’essentiel de l’éducation.

    Ce passage m’a particulièrement frappé: Offrez des chandelles….. J’ajouterais des étincelles d’amour aux personnes mais aussi à tout ce qui nous entoure: les fleurs, les arbres, les oiseaux, le ciel, les fruits frais de l’été etc.

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